Les minimalistes – suite

Depuis mon dernier article sur les minimalistes, j’ai trouvé plein de blogs qui disent la même chose. Rien d’original, donc, et même j’ai l’impression de découvrir un peu bêtement ce que d’autres ont découverts ou dit depuis des années déjà.

C’est d’ailleurs plutôt agréable de trouver des congénères qui partagent mon point de vue, une même façon de vivre. J’ai aimé le blog de Laurence Paré (BioBlog) qui a écrit il y a presque 10 ans ce que j’ai envie d’écrire aujourd’hui. Alors je me suis demandé pourquoi créer un nouveau blog sur ce sujet. Parce que c’est ma démarche. Parce que c’est un blog de plus, justement et que ça augmente officiellement les adeptes de l’anti-consommation. Parce que nul sait où ma démarche ira.

Je m’en suis prise à la chambre de Poupette, pendant les vacances, avec elle. On a joué à je-ne-suis-plus-un-bébé et on a viré dans sa chambre tous les trucs trop petits pour elle, les jeux et les livres, dont une partie héritée des frêres et soeurs qui eux-même avaient déjà fait du tri. On a même réussi à virer une étagère de 80cm. Pour lui faire plus d’espace, de place. De la place pour grandir, pour respirer. Se réapproprier de l’espace a été une découverte pour elle. Pour finir par trouver sa chambre pas si petite que ça. Et redécouvrir un mobile qu’on n’avait plus la place de mettre. Je garderai les meilleurs dans un tri ultime bientôt.

Et j’ai aussi pu aider mon fils à son bricolage pour le collège avec des sacs papiers de récup (bleu marine trop beau, et un autre très décoratif à fleurs gardés “au cas où” !!). Pas de regret pour le temps bien occupé !

 

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Les minimalistes…???

J’ai lu il y a peu de temps dans le magazine “Psychologie positive” un article sur les minimalistes. (Oui, j’achète encore des magazines, et alors? peut-être pas pour longtemps si je continue). L’article commence comme ça:

“Ces enfants de la société de consommation gagnaient bien leur vie, collectionnaient gadgets, voitures, vêtements à la mode. Mais l’accumulation de biens matériels a fini par les oppresser. pour eux, “la véritable liberté, c’est de ne plus dépendre des objets” ”

Ce début ressemble à un récit de 2085, parlant d’une civilisation ayant muté. On comprend donc qu’il y a un jour une véritable rupture. Sans doute là où je suis arrivée. Bon, mettons que je sois en train de devenir minimaliste – peut-être après tout. S’en suit une série de témoignages intrigants.

Angela 26 ans, a décidé de ne plus rien acheter pendant un an, en expliquant sa démarche, et les surprises qu’elle a pu avoir au cours de cette expérience. Ce qui est devenu le plus important maintenant, ce sont les moments de qualité avec les autres.

Robert 27 ans, s’est débarrassé de tous ses biens matériels en les donnant. Il explique qu’il n’a gardé que son ordi portable, son téléphone, et des vêtements. Il développe aujourd’hui un mouvement basé sur l’économie du don (GEEFéconomie). Il analyse que les biens matériels correspondent aussi pour un certain nombre de gens à un besoin de sécurité.

Jannie 29 ans, mariée avec des enfants, a petit à petit rangé ses placards en donnant à Emmaüs ce qui ne servait pas ou peu, ce qui l’a débarrassée au fil des ans. Elle a même remarqué que même en ayant donné des tonnes d’affaires, elle ne s’aperçoit pas de ce qui n’est plus là.

Et celle qui m’a le plus impressionnée, c’est Petra 52 ans, avec toutes ses affaires qui tiennent dans un sac et un carton. Elle a donné, lâché. Elle a été  marquée par une  phrase d’une jeune juive “En tout lieu sur cette terre, on est chez soi lorsqu’on porte tout en soi ” – Etty Hillesum. Et elle a rendu sa vie cohérente avec cela. Elle conclut: je sais que désormais, le bonheur est en moi.

Alors bon, je me dis que c’est vraiment des réflexions de riches, de nantis: “OMG, j’ai trop d’affaires”, “OMG ma maison de 200m2 est encombrée”, que les migrants ne se posent plus. Que les SDF ne se posent pas. Qu’une grande partie du monde d’ailleurs ne se pose pas.  Et j’ai un peu honte de me dire que je suis plutôt d’accord avec ce mouvement. J’ai aussi un peu honte parce que j’ai moi-même contribué à ce système économique du “toujours plus”. Je vais pas me fouetter, il faut juste muter. (Muer ?)

Mais c’est ça, la génération des années 80. On a vécu dans un monde de croissance. Ce monde du suréquipement: après le premier équipement de première nécessité, ce qui est venu compléter, rendre plus ceci ou plus cela notre vie, en tout cas nous promettre que notre vie en serait améliorée. Et puis un autre objet, plus top que top. Plus “moderne”.

En même temps, des progrès technologiques ont eu lieu, c’est vrai. Et alors, nos objets sont devenus caduques. Notre ordinateur, notre téléphone, notre répondeur même. Et mes tiroirs débordent par exemple de disquettes, de cartes mémoires d’appareil photo qu’on ne peut plus utiliser. (Les cassettes audio, elles, sont déjà parties).

Parallèlement dans les années 80, il y a eu la question (cruciale) du “pouvoir d’achat” avec la naissance des HYPERmarchés (j’en parlerai une autre fois), qui nous vendent aujourd’hui des paquets de plus en plus gros de superpromo ou des lots de kilos parce que c’est une bonne affaire. Et le pire, ce sont les cadeaux promotionnels (gadgets en tous genre, il n’y a qu’à regarder ce qu’on propose encore avec un abonnement à un magazine au lieu de faire une vraie réduction sur le magazine). Et les cartes de fidélités par dizaine – en plastique évidemment.

Et les sachets plastiques. Papiers. Tissus parfois même (mais avec une grosse marque dessus bien sûr).

Et la mode de la déco.

Et la mode de la cuisine de ceci ou cela. Mais qui est passée. Qui se sert encore de son moule Tuperware pour faire une charlotte (pourtant, il était pratique et il est increvable) ?

Et le concept du remplacement des choses qui se cassent (suivi évidemment de la casse programmée pour qu’on rachète plus tôt que prévu – gngngn).

Et les cosmétiques, alors là, c’est le top. Parce qu’on nous vend des produits qu’on ne peut pas toujours essayer. Un shampoing par exemple, celui qui graisse les cheveux, tout pourri mais qu’on ne jette pas – mais non, la bouteille est neuve quand même. Ou d’autres qu’on ne peut jamais finir (le vernis à ongle, qui a déjà fini un vernis ?). Et les produits ménagers miracles.

Et il reste des objets “à réparer”. (Soit on en a besoin, et je les répare. Soit je n’en ai que faire et c’est devenu un déchet, il doit partir.)

Alors, voilà, le constat lamentable: mes propres placards sont à l’image de ce débordement. J’ai déjà commencé cet été, avec les placards de linge, le garage, la cave. Il y a quelques semaines, j’ai commencé à alléger la salle de bain. J’ai fait aujourd’hui une partie de mes affaires dans ma chambre. Cela prendra le temps qu’il faut, mais je vais alléger la maison. Garder l’essentiel. Quelques souvenirs quand même, mais le reste, je le donnerai. Avis aux amateurs.

Et quand ce sera fait, chaque objet aura de l’importance. On apprendra à faire plus attention.

Je pense aussi au moment où les enfants s’installeront dans quelques temps et qu’il y a des choses à garder pour leur premier “lot”. Mais peut-être seront-ils contents eux aussi d’avoir choisi leurs affaires? Peut-être que ce que je fais aujourd’hui leur permettra demain d’être plus économes, plus vigilants?

Je ne suis pas extrémiste quand même. Je ne suis pas militante non plus. Et je ne vivrai pas en ayant plus qu’un sac de mes affaires, dans un intérieur blanc deshabité. Mais il y a du changement, de la “mutation” dans l’air: voir et trier.

Un article pour ceux qui veulent comprendre: “J’ai testé l’art du vide” !!

Résolution n°5: arrêter de garder un objet pour “au cas où”.

Résolution n°6: arrêter de remplir et n’acheter que le nécessaire.

Résolution n°7: Penser que je peux y arriver “à la petite semaine”

Résolution n°8: se sevrer des objets “doudous”.

Résolution n°9: refuser échantillons et sachets dans les magasins.